C’est la question qui revient chaque hiver : vaut-il mieux cotiser à un REER ou à un CELI ? Les deux protègent votre épargne de l’impôt, mais pas au même moment. La bonne réponse dépend surtout de votre revenu actuel et de ce que vous prévoyez gagner à la retraite.
La différence en une phrase
- REER : vous déduisez la cotisation aujourd’hui, et vous payez l’impôt au retrait.
- CELI : vous cotisez avec de l’argent déjà imposé, et vous ne payez jamais d’impôt au retrait.
| Critère | REER | CELI |
|---|---|---|
| Cotisation déductible | Oui | Non |
| Retraits imposables | Oui | Non |
| Plafond 2026 | 18 % du revenu 2025, max 33 810 $ | 7 000 $ |
| Droits récupérés après retrait | Non | Oui, l’année suivante |
| Effet des retraits sur les prestations | Augmente le revenu | Aucun |
| Âge limite pour cotiser | 71 ans | Aucun |
La règle du taux d’imposition
Si votre taux d’imposition est le même au moment de la cotisation et au moment du retrait, REER et CELI donnent exactement le même résultat. Tout se joue donc sur l’écart entre les deux taux.
Exemple chiffré
Vous avez 1 000 $ de salaire avant impôt à épargner, avec un rendement qui double la valeur du placement d’ici la retraite.
Cas 1 : taux marginal de 36 % aujourd’hui, 26 % à la retraite
- REER : 1 000 $ placés → 2 000 $ → après impôt de 26 % : 1 480 $
- CELI : 640 $ placés après impôt → 1 280 $ libre d’impôt : 1 280 $
- Le REER gagne.
Cas 2 : taux marginal de 26 % aujourd’hui, 36 % à la retraite
- REER : 1 000 $ → 2 000 $ → après impôt de 36 % : 1 280 $
- CELI : 740 $ → 1 480 $ : 1 480 $
- Le CELI gagne.
Quand privilégier le REER
- Votre revenu dépasse environ 58 500 $ : le taux marginal combiné au Québec grimpe à environ 36 %, puis 41 % et plus au-delà de 108 680 $.
- Vous prévoyez un revenu de retraite nettement plus bas.
- Vous voulez réduire votre revenu familial net pour augmenter des prestations (allocations familiales, frais de garde, crédit pour solidarité).
- Vous avez de la difficulté à ne pas toucher à votre épargne : l’impôt au retrait décourage les retraits impulsifs.
Voir notre guide REER 2026 : plafond et date limite.
Quand privilégier le CELI
- Votre revenu est inférieur à environ 55 000 $ : l’économie d’impôt du REER est plus faible (environ 25 %).
- Vous pourriez avoir besoin de l’argent avant la retraite (fonds d’urgence, projet).
- Vous prévoyez recevoir le Supplément de revenu garanti à la retraite : les retraits de REER/FERR le réduisent, pas ceux du CELI.
- Vous avez déjà maximisé votre REER.
Voir notre guide CELI 2026 : plafond et droits.
La stratégie combinée
Beaucoup de Québécois profitent des deux :
- Cotiser au REER.
- Placer le remboursement d’impôt dans le CELI.
Avec un salaire de 70 000 $, une cotisation REER de 5 000 $ génère un remboursement d’environ 1 800 $. Versé au CELI, ce montant fructifie ensuite sans impôt.
Et le CELIAPP ?
Si vous n’êtes pas propriétaire, le CELIAPP bat le REER et le CELI pour un premier achat : la cotisation est déductible et le retrait pour acheter la maison n’est pas imposé. Pour un futur acheteur, c’est généralement le premier compte à remplir.
Questions fréquentes
Vaut-il mieux le REER ou le CELI avec un salaire de 50 000 $ ?
À 50 000 $, le taux marginal est d’environ 26 %. Le CELI est souvent aussi bon ou meilleur, sauf si vous prévoyez un revenu de retraite plus faible ou si vous voulez réduire votre revenu familial pour augmenter des prestations.
Peut-on transférer de l’argent du CELI vers le REER ?
Pas directement, mais vous pouvez retirer du CELI et cotiser au REER si vous avez des droits. Le retrait du CELI n’est pas imposé, et vous récupérez les droits CELI l’année suivante.
Le REER est-il mauvais pour les personnes à faible revenu ?
Pas forcément mauvais, mais souvent moins efficace que le CELI, surtout si les retraits futurs réduisent des prestations comme le Supplément de revenu garanti.